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-Le Pape célèbre les vêpres pour l’unité des chrétiens

Le Pape est revenu dans son homélie sur le récit tiré du livre de l’Exode où Moïse, avec le peuple de Dieu, chante sa louange après avoir été libéré de l’Egypte. Moïse lui-même avait déjà été précédemment sauvé des eaux après que Pharaon avait ordonné de jeter au Nil «tous les fils qui naitront aux Hébreux». Ce sauvetage de Moïse préfigure encore un sauvetage plus important, a rappelé le Pape, celui du peuple de Dieu qui a traversé à sec la Mer Rouge avant qu’elle ne se referme sur ses ennemis.

De nombreux pères antiques ont considéré ce passage comme une préfiguration du baptême a souligné François : ce sont en effet nos péchés qui sont noyés dans les eaux vives baptismales. Beaucoup plus que l’Egypte, le péché nous menaçait de nous rendre à jamais esclaves, mais la force de l’amour divin l’a renversé.

Saint Augustin, de son côté, a interprété la Mer Rouge, où le peuple d’Israël a été sauvé, comme une préfiguration du sang du Christ crucifié, source de salut.

L’histoire du salut

Comme pour Moïse, les expériences individuelles sont liées à une histoire qui nous dépasse, celle du salut de tout le peuple de Dieu. Quand les Hébreux élèvent leur chant vers Dieu, chacun se rend compte qu’il n’est pas seul sur les rives de la Mer Rouge, mais entouré de frères et de sœurs qui ont reçu la même grâce et proclament la même louange.

Le Pape a aussi rappelé que saint Paul avait lui aussi fait l’expérience de la grâce, qui de persécuteur des chrétiens, l’a fait devenir apôtre. Cette grâce de Dieu l’a poussé lui aussi à chercher la communion avec les autres chrétiens, d’abord à Damas, puis à Jérusalem.

Quand nous grandissons dans la vie spirituelle, nous comprenons toujours mieux que la grâce nous rejoint en même temps que les autres et qu’elle est à partager avec les autres. Les différentes confessions chrétiennes ont fait cette expériences, a précisé François. Au siècle dernier, nous avons finalement compris que nous étions ensemble sur les rives de la Mer Rouge.

Déserts spirituels et persécutions

Après la libération, le Peuple de Dieu a entrepris un long et difficile voyage à travers le désert, souvent en vacillant, mais en puisant la force dans le souvenir de l’œuvre salvifique de Dieu et de sa présence toujours proche.

Les chrétiens d’aujourd’hui rencontrent aussi sur le chemin de nombreuses difficultés a noté le Souverain Pontife, entourés de tant de déserts spirituels, qui font se tarir l’espérance et la joie.

Sur le chemin a poursuivi le pape, existent aussi de graves périls, qui mettent la vie en danger : combien de frères subissent aujourd’hui les persécutions au nom de Jésus !  Quand leur sang est versé, même appartenant à des confessions diverses, ils deviennent ensemble des témoins de la foi, des martyrs, unis dans le lien de la grâce baptismale.

Les chrétiens, aux côtés d’amis d’autres traditions religieuses affrontent également des défis qui avilissent la dignité humaine : ils fuient des situations de conflit ou de misère, sont victimes de la traite d’êtres humains et d’autres esclavages modernes, ils ont faim dans un monde toujours plus riche de moyens et pauvre d’amour, où augmentent toujours plus les inégalités.

Mais comme les Hébreux de l’Exode a précisé le Pape, les chrétiens sont appelés à garder ensemble le souvenir de ce que Dieu a réalisé pour eux.

 Olivier Bonnel, cité du Vatican

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