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– Message du pape François aux fidèles de Colombie

Extrait du message du pape François aux fidèles de Colombie le mercredi 7 septembre à la cathédrale de Bogotá

Vous, les jeunes, vous avez une sensibilité spéciale pour reconnaître la souffrance des autres – c’est curieux, vous vous en rendez compte immédiatement ; les volontaires du monde entier proviennent de milliers d’entre vous qui sont capables de renoncer à leur temps, à leur confort, à leurs projets centrés sur eux-mêmes pour se laisser émouvoir par les besoins des plus fragiles et se dévouer pour eux. Mais il peut arriver aussi que vous soyez nés dans des environnements où la mort, la souffrance, la division vous ont imprégnés si profondément qu’elles vous ont laissés à moitié étourdis, comme anesthésiés par la souffrance. C’est pourquoi je voudrais vous dire : Laissez la souffrance de vos frères colombiens vous gifler et vous faire bouger ! Et nous, les plus âgés, aidez-nous à ne pas nous habituer à la souffrance et à l’abandon. Nous avons besoin de vous, aidez-nous à cela, à ne pas nous habituer à la souffrance et à l’abandon.

Vous également, jeunes gens et jeunes filles, qui vivez dans des milieux complexes, avec des réalités différentes, et des situations familiales les plus diverses, vous vous êtes habitués à voir que dans le monde tout n’est pas tout blanc ni tout noir non plus ; que la vie quotidienne consiste en une large gamme de tonalités grises, c’est vrai ; et cela peut vous exposer à un risque, attention, au risque de tomber dans une atmosphère de relativisme, laissant de côté cette capacité qu’ont les jeunes d’entendre la douleur de ceux qui ont souffert.  Vous avez la capacité non seulement de juger, de souligner des erreurs – car vous vous en rendez compte immédiatement -, mais également cette autre capacité magnifique et constructive : celle de comprendre. Comprendre que même derrière une erreur – parce que, soyons clairs, une erreur est une erreur et il ne faut pas la maquiller – il y a une infinité de raisons, de circonstances atténuantes. Combien la Colombie a besoin de vous pour se mettre dans la peau de tous ceux pour lesquels de nombreuses générations n’ont pas pu ou n’ont pas su le faire, ou n’ont pas trouvé les modalités d’une compréhension adéquate !

A vous, les jeunes, il vous est très facile de vous rencontrer, il vous est si facile de vous rencontrer. […] Il vous suffit, pour vous rencontrer, d’un événement comme celui-ci, d’un bon café, d’un bon verre ou quoi que ce soit comme prétexte, comme un prétexte, pour susciter une rencontre. Et c’est là où je veux en venir, tout est un prétexte pour la rencontre. Les jeunes se retrouvent sur la musique, l’art…oui, même une finale entre l’Atlético Nacional et l’América de Cali est une occasion pour se réunir ! Vous pouvez nous enseigner, à nous les aînés, que la culture de la rencontre ne consiste pas à penser, à vivre ni à réagir tous de la même manière – non, ce n’est pas cela – ; la culture de la rencontre, c’est de savoir qu’au-delà de nos différences nous faisons tous partie de quelque chose de grand qui nous unit et nous transcende. […]

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