Aller au contenu principal

-Pape François, audience générale du Mercredi 7 juin 2017

[…]Pensons à la parabole du père miséricordieux (cf. Lc 15, 11-33). Jésus fait le récit d’un père qui sait uniquement être amour pour ses enfants. Un père qui ne punit pas son fils pour son arrogance et qui est même capable de lui confier sa part d’héritage et de le laisser quitter la maison. Dieu est Père, dit Jésus, mais pas de façon humaine, parce qu’il n’y a aucun père en ce monde qui se comporterait comme le protagoniste de cette parabole. Dieu est Père à sa façon: bon, sans défense devant le libre arbitre de l’homme, capable uniquement de décliner le verbe «aimer». Quand le fils rebelle, après avoir tout gaspillé, revient enfin à la maison natale, ce père n’applique pas des critères de justice humaine, mais sent avant tout le besoin de pardonner, et en l’embrassant, il fait comprendre à son fils que pendant tout ce temps d’absence, il lui a manqué, il a douloureusement manqué à son amour de père.

Quel mystère insondable que celui d’un Dieu qui ressent ce type d’amour pour ses enfants!

C’est peut-être pour cette raison que, en évoquant le centre du mystère chrétien, l’apôtre Paul ne veut pas traduire en grec un terme que Jésus, en araméen, prononçait «abbà». Par deux fois, saint Paul, dans ses épîtres (cf. Rm 8, 15; Ga 4, 6), touche ce thème, et par deux fois, il laisse ce terme non traduit, sous la même forme que celle où il est apparu sur les lèvres de Jésus, «abbà», un terme encore plus intime par rapport à «père», et que l’on peut traduire par «papa».

Chers frères et sœurs, nous ne sommes jamais seuls. Nous pouvons être loin, hostiles, nous pourrions également nous professer «sans Dieu». Mais l’Evangile de Jésus Christ nous révèle que Dieu ne peut rester sans nous, et cela est un grand mystère! Dieu ne peut être Dieu sans l’homme: un grand mystère que celui-là! Et cette certitude est la source de notre espérance, que nous trouvons conservée dans toutes les invocations du Notre Père. Quand nous avons besoin d’aide, Jésus ne nous dit pas de nous résigner et de nous renfermer sur nous-mêmes, mais de nous adresser au Père et de s’adresser à Lui avec confiance. Toutes nos nécessités, des plus évidentes et quotidiennes, comme la nourriture, la santé, le travail, jusqu’à celle d’être pardonnés et soutenus dans les tentations, ne sont pas le reflet de notre solitude: il existe en revanche un Père, qui nous regarde toujours avec amour, et qui assurément ne nous abandonne pas.

pho15936e10-213c-11e3-a3f1-80a8e69d72d7-805x453

 

Non classé